[Portrait] Kiss Me Kisling

Je vous propose de résoudre une énigme intitulée : Mystère Kisling.

J’ai sous les yeux 3 CD. Il est temps de commencer l’enquête. Je suis sûre que Mystère Kisling a laissé des indices un peu partout.


Cette photo a pour nom : “l’un des trois CD que j’ai sous les yeux”.

Investigation.

J’ai caché dans mes chansons, un peu par pudeur, un peu par malice, quelques notes d’amour et de reconnaissance pour ceux et celles qui supportent, au fil du temps, toute la panoplie de mes défauts. Merci“. C’est par ces mots que Jérémie Kisling achève la litanie des remerciements figurant sur le livret de son premier album, Monsieur Obsolète (2002)

Pudeur et malice. Voilà nos deux premiers indices.

Merci à tout ce qui m’est chair “. Ça, c’est sur le livret double album “Le Ours” et “Le Ours Mal Léché” (2005). Voilà notre troisième indice.

Sur le livret de son dernier album, “Antimatière” (2009) il écrit : “bref, merci vous d’être vous, j’ai envie de dire”.

Et nous, on a envie de dire qu’à l’évidence, Jérémie Kisling aime bien dire merci. Il a même un mot doux pour ce bon vieux canton de Vaux et la ville de Lausanne, “si belle, tranquille et sauvage, comme un gros chat qui se laisse caresser“.

Vaux, Lausanne… La Suisse. Quatrième indice.

Enfin, on remarque que les deux premiers albums sont parus sous le label “Naïve”.

Naïve…Nous tenons là notre cinquième et dernier indice.

Voilà pour l’analyse des pièces à conviction.

Résumons :

- 3 CD dans leurs boitiers (2002, 2005 et 2009)
- le mot pudeur
- le mot malice
- des remerciements en pagaille
- un canton suisse, une ville suisse
- le label “naïve”

Il est maintenant possible de dresser un portrait robot.

Jérémie Kisling est un musicien suisse qui aime les mots,  la musique des mots et les ani-mots (ho ho!).  C’est du “texte qui chante” ou de la “musique qui parle”. Depuis 10 ans, il écrit des textes en français avec pudeur et malice et fait de la “musique naïve” un nouveau genre musical, un peu comme l’art naïf qu’on apprécie en peinture, sauf que là, c’est une peinture qui fait du bruit. Est-ce que j’ai perdu quelqu’un en route? Non ça va, tout le monde suit ?

C’est un homme discret. Il ne fait pas de bruit. Il ne fait pas de tintouin tralala boumboum. Il travaille tranquillement en famille, en compagnie de ses trois sœurs qui prêtent leurs jolies voix sur ses albums et l’accompagnent en tournée.

Il soigne autant ses textes que ses mélodies : instruments à cordes et à vent, piano, orchestrations subtiles teintées de pop qui trottent dans la tête et donnent envie de chanter sous la douche “je veux être un canard dans l’eau” ou “l’amour n’est tout que s’il est né de rien“.

Notre enquête pourrait s’arrêter là. Mais si vous voulez percer le mystère Kisling, il vous devrez replonger les yeux fermés dans le monde de l’enfance, ce pays merveilleux où la syntaxe paraît un peu abstraite, où les gens s’appellent tous Monsieur Quelquechose et où les animaux parlent : normal !

Car :

1) Jérémie est un grand enfant
- il a quelques difficultés avec la syntaxe (“jusque à la fin de les jours / à le creux de ses bras / je veux faire le amour”)
- il invente des mots “je fais couac couac”
- il appelle ses musiciens Monsieur Trompette, Monsieur Bidouille et Monsieur Boumboum
- il pense que “les filles c’est chouette, ça colle aux dents” (comme un carambar).

2) Jérémie fait parler les Zanimaux :
- le chien guide (qui fait un solo de chien)
- le chat
- le ours de les montagnes (qui fait un solo d’ours)
- le canard dans l’eau (qui fait couac couac)
- le teddy bear (qui a des fourmis dans les poils)

Ses 3 albums sont le reflet de sa sensibilité douce-amére, faussement candide, parfois tragi-comique (“vous voulez que j’suis né, mais pourquoi?”). Il se lamente parfois, mais toujours avec une grande délicatesse. On est très loin des clichés de la chanson larmoyante qui réutilise en permanence les mêmes ressorts (“tu-m’as-quitté-mon-dieu-je-suis-si-malheureux-que-vais-je-devenir”). Il nous offre tout juste assez de vague à l’âme pour nous questionner doucement sur notre propre peur du temps qui défile, de l’antiride, de la calvitie ou des gens qui ne restent pas les mêmes, malgré toutes leurs belles promesses (“Rester la même, je crois que je pourrais pas, j’ai peur que les années viennent...”). Le temps qui passe et qui angoisse, fatigue et peu à peu nous efface (“la vie, ce savon liquide qui délave les humains“).

Parfois il s’énerve et il crie, comme un chien qui se ferait mordre le pif par un plus gros chien (sur “Alice“, “J’ai trente ans” ou “Savon Liquide“). C’est sans doute thérapeutique, comme d’aller hurler la nuit dans un cimetière. Généralement, c’est quand il fait allusion au temps qui passe et à l’âge qu’il a. Oui parce que chut, parler de ça, Jérémie mimi n’aime pas.

Il y a sûrement bien d’autres choses que Jérémie n’aime pas. Sa face cachée, c’est un titre grinçant et douloureux comme une rage de dents : “Par dessus la Terre“, interdit de diffusion en Suisse. Ce titre figure uniquement en bonus track sur l’édition québécoise de l’album “Antimatière”. Tabernacle. La France est un pays laïque, il est fort dommage que le titre ne figure pas sur l’édition française.

Et parce que Yoshi-Le-Blog défend la chanson libre voici en exclusivité un extrait des paroles de cette très jolie chanson.

(…) Moi je voulais être votre frère, votre chair
Mais pas le plomb de vos canons, pas le patron de vos guerres
Qui n’ont de Saintes que de nom
Et convertissent les plaines en cimetière
Vous avez voilé caché pour mieux contenir
Vous avez brûlé, tranché, pour mieux me servir
Tous ces morceaux de foi, je voudrais les vomir
Mais pendant que vous blessiez au lieu de bénir
Que vous massacriez en mon souvenir
Je voyais se changer mon Royaume en Empire (…)

Pour l’écouter en entier, par ici

Conclusion de l’enquête

Depuis 10 ans, Jérémie Kisling tient le cap. Il n’a jamais bu le bouillon de la soupe populaire musicale. Il garde toute sa fraicheur, mieux qu’une laitue dans son ziploc.

Il mérite votre confiance, comme un bon vieux lave linge qui lave plus blanc que blanc et garde toutes les belles couleurs de les vêtements qu’on aime.

Pour l’écouter, Deezer et votre ami, cliquouillez par ici.

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Agenda Culturel du Second Trimestre [bis!]

Yoshi a une tête de linotte qui fait cui cui cui
Heureusement, Yoshi est entouré de lecteurs aguerris.

Donc voici un agenda bis, qui référence une sortie culturelle parisienne à ne pas manquer.

  • MONUMENTA

Comme chaque année, c’est au Grand Palais jusqu’au 21 juin, et cette fois c’est l’artiste français Daniel Buren, qui se colle à l’exercice magistral. Pour cette édition 2012, c’est la fête des couleurs ! Le cadre exceptionnel du Grand Palais se prête particulièrement bien aux œuvres gigantesques : pour y entrer durant le week-end, il faut s’armer de patience ou d’un billet coupe-file.

Adresse
Grand Palais, Nef – Porte Nord
Avenue Winston Churchill
75008 Paris

Toutes les infos ici.

Pour ceux qui ont aimé l’édition 2011, en voici un souvenir ému :

Monumenta 2011 – Anish Kapoor

Restez éveillés pour l’agenda culturel du troisième trimestre, à paraître en juillet : il y aura des momies et des gens qui marchent sur l’eau !

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Agenda Culturel du Second Trimestre

Mai, joli mois de mai, chante moi ta comptine, elle me plaît…

Avant qu’il ne fasse trop beau et chaud le dimanche à Paris et qu’il ne vous prenne l’envie subite de courir nu(e) dans le Pré Saint Gervais ou sur le Champs de Mars, allez (re)découvrir le Musée d’Orsay. Un dimanche matin à Orsay, c’est une victoire sur 1) le sommeil, 2) l’ennui 3) le flot de badauds qui se presse aux portes d’entrée après 14h. Le nouvel Orsay est-il vraiment différent de l’ancien? Oui ! Est-ce réussi? Oui ! Pour toute autre question je vous renvoie à l’excellent site Internet du Musée. En plus, l’exposition temporaire du 13 mars au 1er juillet s’intitule “Degas et le nu“. Elle explore, je cite, ‘l’évolution de Degas dans la pratique du nu“.  Tout un programme !

 

** La Suède c’est bon, mangez-en **

Venez guincher avec Peter Von Poehl et ses potes à la Gaité Lyrique les 12 et 13 mai ! Le Festival de Musique Contemporaine Suédoise AAO est à voir, à écouter, à boire et à manger. Musique suédoise à l’honneur et spécialités culinaires ! Tout pareil que chez Ikéa, sans l’angoisse de se perdre à jamais dans le dédale de bibliothèques LINNARP, d’étagères VITTSJÖ et de lampadaires TROGSTA. Pas certain qu’on nous serve de cet excellent Kaviar en tube le dimanche à l’heure du thé, mais on va quand même aller vérifier ! Ambiance assurée par une bande de joyeux scandinaves (ne voyez aucune ironie dissimulée dans cette affirmation).
Peter Von Poehl sera sur scène le 12 mai à 20h accompagné de tous ses musiciens (une douzaine) et seul en mode acoustique le lendemain, à 15h. On y sera avec un bon casse-croûte EKTÖRP et une délicieuse bière KVARNVIK. Marie Modiano sera également sur scène avec son groupe suédois le dimanche pour présenter son nouvel album. Ça va être rudement bien.

Le site internet du festival : http://www.gaite-lyrique.net/evenement/peter-von-poehl-free-fall


** Expo Dylan À la Cité de la Musique **

Une lectrice futée m’ayant fait remarquer qu’il manquait à l’agenda précédent, je rattrape le coup habilement. Savez-vous qu’une expo consacrée à l’icône rock se tient en ce moment même à la Cité de la Musique ? Non ? Si ! Incroyable ! Mais oui ! Alors si vous aimez Bobby, allez-y. Vous m’en direz des nouvelles, parce que je ne pense pas y aller… Rappelez-vous l’an dernier, Msieur Bob a donné un concert au palais omnisports de Bercy, avec Mark Knopfler en seconde tête d’affiche (ou si vous préférez, en première partie). Bref, c’était le 17/10/2011, j’y étais et je peux donc attester qu’effectivement, il n’adresse pas un seul mot à son public pendant 85 minutes. Absorbé et distant, on dirait qu’il joue pour lui tout seul (et peut-être pour John Lennon, au dessus de lui). N’est pas Dylan qui veut. Mais bon. Pas un mot. Rien. Pendant 85 minutes. Tout de même….

Tout le monde sait qu’il y a une retrospective Helmut Newton au Grand Palais depuis le 24 mars (sans doute moins exhaustive et moins intéressante que le musée qui lui est consacré à Berlin), c’est pourquoi je m’empresse de vous recommander de feuilleter le livre de l’expo Newton par curiosité mais d’aller plutôt voir à côté “Beauté Animale”, qui rend notamment hommage au roi du kitch, l’américain néo-pop Jeff Koons. “Puppy”, le chien de 12 mètres de haut recouvert de fleurs à l’entrée du musée Guggenheim de Bilbao, c’est lui. Les ballons roses en forme de caniche et les grands lapins à Versailles en 2008/2009 c’était lui aussi. Sa cohorte de balloon dogs, de sculptures bizarroïdes et autres lapins envahit les Galeries Nationales du Grand Palais, du 21 mars au 16 juillet 2012.

Chic, du kitch !! http://www.grandpalais.fr/grandformat/jeff-koons/

Enfin, je rappelle aux durs de la feuille de blog que l’EXPO TIM BURTON se tient actuellement à la Cinémathèque Française (parc de Bercy, quatrième platane à gauche). Il faut y aller, IL LE FAUT.

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[Reportage] Luxe, Calme et Olives à Volonté

“Ce soir, on sort”.

Cette petite phrase que l’on dit ou que l’on entend souvent le vendredi soir ou le week-end est bien souvent suivie de la question qui tue : “oui, mais où ? “.

Et là, patatraque. On perd ses moyens, on cherche, on ne trouve pas, on propose, on contre propose, on négocie et pour finir on va là où personne ne voulait vraiment aller et on passe une mauvaise soirée. Ce scénario vous rappelle des souvenirs? Pas de panique, Yoshi met sa cape de super-héros, ressort son vieux calepin de 15 ans gribouillé de 1001 adresses et vole à votre secours, tadaaa. Que diriez-vous de passer du côté du strass, de la paillette et du bling le temps d’une soirée pour combattre la routine, le déjà vu et la morosité ?

“Ce soir on sort le grand jeu”.

Ce soir, on va humer l’air d’un bar de grand hôtel parisien. Pourquoi? D’abord pour y boire un verre, ensuite pour y flâner un peu, se promener, visiter les couloirs, tâter le moelleux de la moquette, lécher les vitrines des boutiques-hôtel, s’émerveiller du scintillant, du brillant et du clinquant et enfin s’extasier sur les dorures de la robinetterie des toilettes. Car on ne va pas prendre un verre dans un grand hôtel parisien pour prendre un verre. Non, on y va pour VOIR. Voir du strass, de la paillette et du bling. Voir des robinets qui brillent. Marcher sur des moquettes plus épaisses qu’un Epéda. Lever le nez, tendre l’oreille, écouter le son d’un piano jazzy et avoir cette délicieuse impression de n’avoir pas seulement traversé Paris mais le temps. Voilà la recette d’une soirée qui ne manque pas de panache.

Le plus des bars d’hôtel et pourquoi y aller :

  • des cocktails d’exception qu’on ne trouve nulle par ailleurs, le plus souvent des créations originales
  • un excellent grignotage quasi à volonté sauf si vous tombez sur des rats d’hôtel, mais là, il ne faut pas hésiter à réclamer
  • parfois, de la musique live (souvent piano-bar)
  • une ambiance toujours calme, souvent feutrée, loin de l’agitation permanente de la capitale
  • un décor sublime
  • le service au petit soin et tiré à 25 épingles
  • oui Mesdames, on vous prend votre manteau à l’entrée mais promis, on vous le rendra
  • une belle façon de découvrir Paris autrement quand on croit avoir tout vu/tout bu/tout photographié

“Ce soir on flambe la carte bleue”.

Inévitablement, ce choix de sortie a un coût qui varie entre un aller pour Bordeaux en Prem’s (environ 25 euros) et un aller-retour pour Bordeaux en Prem’s (environ… le double, bravo, vous êtes doués!). Quand on commence à convertir le prix de son verre en billets de train, c’est qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du Mojito. Mais dites-vous bien que prendre un verre au bar du Georges V n’est pas “seulement prendre un verre”, et tout ira bien. Allez deux fois aux toilettes pour profiter à fond de la soirée, et tout ira mieux.

Trois adresses testées et approuvées (la suite plus tard) :

Yoshi ne parle que des bars et pas des restaurants qui vont de pair. Au total, 14 bars d’hôtels seront décrits sur ce blog.

  • Le Four Seasons, bar de l’hôtel Georges V (31 avenue Georges V, Paris 8ème) : un sans faute pour ce petit bar au décor exceptionnel, boisé, lambrissé et tapissé comme le bureau d’un parlementaire anglais du 19ème siècle. Côté ambiance : calme,  dignité, sérénité. Tous les cocktails sont à 25 euros, mais il est possible d’opter pour un verre de vin (compter environ 15 euros). Grignotage au top du top et à volonté. Piano bar certains soirs, dont on peut profiter en sirotant de délicieuses créations. Et si votre plus grand rêve est de savourer le très réputé club-sandwich du Four Seasons,ne vous privez pas, il est à 35 euros. Ils en servent aussi un au homard bleu dont il convient de taire le prix, par décence. Vous pouvez aussi opter pour de somptueux mini hamburgers (18 euros les 3), ou tout simplement attendre qu’on vous rapporte des olives et des friandises salées à grignoter ! Décor : 9/10, Ambiance 8/10, Rapport qualité prix 9/10.

  • Le grand bar de l’hôtel Bristol (112, rue du Faubourg Saint Honoré, Paris 8ème). D’un classicisme remarquable (et remarqué), il n’a pas grand chose à voir avec le Four Seasons. Tout d’abord, le bar est bien plus vaste : par ma barbe, on se croirait dans le hall d’entrée ! Pas de boiseries, mais du marbre, qui donne un aspect moins chaleureux. Le barman est placé dans un cocon au centre du bar. Côté ambiance, on baigne dans l’or pur : hôtel de luxe 5 étoiles, restaurant 3 étoiles (Épicure). Mais le bar en lui-même n’a pas l’attrait du Georges V, sauf si vous tenez absolument à comparer la qualité de leur club sandwich au homard bleu avec celui précédemment évoqué (nous sommes dans un pays libre). Pour le club sandwich “classique”, comptez 35 euros. Que l’on prenne un cocktail ou un verre de vin, rien à redire, tout est impeccable et délicieux. Comptez environ 25-30 euros pour un long drink et 16-24 euros pour un verre de vin (grand cru, cela va sans dire). Service tiré à 54 épingles mais on regrette l’atmosphère un tantinet impersonnelle (la faute au marbre, sans aucun doute)
    Décor : 7/10, Ambiance 6/10, rapport qualité prix 7/10
  • Le Bar Hemingway” du Ritz. On y va autant pour les sublimes cocktails que pour la légende du lieu, nommé d’après l’écrivain qui aimait s’y rendre. Le Ritz, inutile de le présenter (si, vraiment?) il se situe place Vendôme à Paris et il est assez facile à repérer. Le bar Hemingway en revanche, se mérite. Il n’est pas exactement situé à proximité du hall d’entrée de l’hôtel, contrairement au bar du Bristol, par exemple. Pour siroter un succulent Serendipity à 30 euros (oh allez, c’est le Ritz!), il vous faudra traverser tout l’hôtel dans sa longueur. Après l’entrée, il faut contourner le premier salon sur la droite, remonter toute la galerie ULTRA BLING de la boutique-hôtel (qui vend principalement des horreurs à 458 895 dollars), tourner à droite (oh! encore un salon sur la gauche!), on sort son GPS, on demande son chemin, encore quelques mètres à droite et on y est. Et lorsqu’on y est, on est d’abord surpris par le changement brutal d’ambiance. Le Ritz est un hôtel très clinquant et ostentatoire (quand ça brille trop, ça brûle la rétine!), tandis que le Hemingway est un petit endroit sobre, entièrement boisé, qui rappelle une vieille bibliothèque (toute la décoration est consacrée à Hemingway) ou évoque le salon feutré d’un club de vieux gentlemen anglais. C’est anachronique et charmant : on a l’impression d’avoir voyagé dans le temps. Tous les cocktails sont à 30 euros et il n’y a pas de vin au verre. La carte est très succincte mais le célèbre barman Colin Field est aux petits soins et prend plaisir à parler de ses créations. Les filles ont des roses sur le bord de leur verre, le grignotage est savoureux. Sachez aussi que c’est dans ce bar que l’on sert le fameux ‘Ritz Side Car’, élaboré à base de Cognac Fine Champagne de 1865 (14 000 € la bouteille de Cognac). Le cocktail coûte 400 euros et ne figure pas sur la carte. Si vous êtes curieux (ou tenté!) il faudra vous adresser au maître des lieux… Attention ce bar historique ferme ses portes le 16 avril 2012 pour deux ans dans le cadre d’un programme de rénovation. Le Ritz veut faire peau neuve en vue d’obtenir…une étoile de plus à son palmarès, et atteindre ainsi le firmament des hôtels de luxe.
    Décor : 10/10, Ambiance, 08/10, rapport qualité prix : 08/10.

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[Portrait] Peter Von Poehl

Suivez moi en bordure d’une forêt magique où murmurent les feuilles d’or… Dans un jardin oublié… Poussez le portillon vermillon… Chut! Pas si vite! Pas si fort! Peter est caché derrière. Vous allez l’effrayer!

Né en Suède en 1973, Peter Von Poehl parle suédois, français, allemand, chante en anglais et rêve dans une langue inconnue. Lunaire et sensible, il a enchanté la presse et conquis son public avec deux albums superbes.

Diplômé de musicologie, il est auteur, compositeur et interprète.  Jusque là, rien d’exceptionnel. Mais il ne fait ni de la pop, ni du rock, ni du folk, ni du jazz. Faute de pouvoir le rattacher à un style musical bien précis, on le range habituellement sur l’étagère “musique alternative“, en précisant bien que “c’est suédois” (traduire par : “c’est bizarre”). Peter Von Poehl se distingue surtout par la finesse de son écriture et la richesse de ses orchestrations, lumineuses et symphoniques, joyeuses ou mélancoliques, emmenées par une armada d’instruments et de sonorités que l’on a pas l’habitude d’entendre.

Pour le mélomane amateur ou expérimenté, le jeu consiste à  trouver, sur chacun de ses titres, quels instruments et surtout combien d’instruments il a utilisé. On s’amuse à reconnaître le son d’un clavier électronique, d’un violoncelle, d’une flûte, d’un saxophone et d’une trompette.  Vous dites “fastoche” ? OK. Alors maintenant, essayez de retrouver le cuatro vénézuélien, le luth suédois, l’orgue Hammond, le vibraphone, le tuba, le trombone, le hautbois, le cor de chasse et le célesta. Ha ! On fait moins le malin !

Passons à quelques exercices pratiques :

  • Initiation

Repérer le violoncelle, le piano et la trompette sur “Parliament“. Cliquer ici. Trop facile ? Bon, on passe à la suite.

  • Niveau débutant

Sur “Virgin Mountains“, quand il répète en boucle “I believe that I’m in love“, trouver le nom de l’instrument à vent  qui lui donne la réplique. Cliquer ici. Au boulot !

  • Niveau intermédiaire

 Au début et à la fin de “Elisabeth” on entend un drôle de tintement produit par un…une?? Heu… Cliquer ici pour l’entendre (et voir Peter à l’œuvre en studio).

  • Niveau expert

Nommer TOUS les instruments figurant sur son dernier single “Twelve Twenty One“. Cliquer ici. Vous pouvez toujours chercher sur Internet, allez-y… (petit rire moqueur). Le premier qui trouve gagne une friandise suédoise !

Comme il faut bien conserver part de mystère, il ne faut pas chercher à savoir quels “trucs” il utilise pour créer l’ambiance fantomatique qui vient nous hanter sur “Broken Skeleton Key” ou d’où provient cet écho surnaturel qu’on entend sur “Silent as Gold“. Parfois, mieux vaut rester dans l’ignorance et se laisser tout simplement emporter… Quand il répète “Lost in space” ad libitum sur fond d’un orchestre céleste, on flotte légèrement au dessus du sol sans s’en apercevoir…

A titre personnel, je ne parviens toujours pas  écouter le récent single “To the Golden Rose” jusqu’au bout sans me désintégrer comme une madeleine au fond d’un bol de thé. C’est même pas humain. Pour tenter l’expérience et mesurer vous aussi votre quotient madeleine, cliquez ici.

Si Peter vous plaît et que vous voulez TOUT savoir, vous trouverez ci-dessous, rien que pour vous, son CV musical détaillé, émincé, décortiqué et présenté en corolle sur une assiette en forme de cœur.

CV Musical :

En 1998 Peter Von Poehl arrive en France et tourne avec Bertrand Burgalat.  En 2001, il écrit pour Chamfort, Doriand, Vincent Delerm, Lio. En 2004, il fonde son propre label Graeferecordings avec un ami de longue date, Christoffer Lundquist. Il se lance dans la réalisation de son premier album “Going to where the tea trees are”, qui sort d’abord en format 45 tours, par manque de moyens. Radio Nova découvre par hasard le prodige, n’en croit pas ses oreilles et le passe en boucle sur ses ondes. En mai 2006, il signe chez le label français Tôt ou Tard. La presse est aux anges. En 2010, il sort un deuxième album envoûtant : “May Day“, enregistré en pleine campagne suédoise dans les studios de Christoffer Lundquist, une nouvelle fois crédité co-réalisateur.

En 2006, il réalise le troisième album de Vincent Delerm “Les Piqûres d’Araignées”. Il produit et co-écrit également les albums de Marie Modiano, “I’m not a Rose” en 2006 et “Outland“, en 2008. Il est séduit par sa sensibilité et son écriture. Elle devient sa compagne et sa complice artistique.

Côté scène, il a tourné avec Chris Isaac, Ben Harper,  Air, Phoenix… A Paris, il affectionne les ambiances intimistes qui le rapprochent de son public : la Maroquinerie, la salle Pleyel, le Point Éphémère, la Gaité Lyrique. Il participe aussi chaque année à de nombreux festivals à travers l’Europe.

En 2011, Valérie Donzelli choisit le titre symphonique “The Bell Tolls Five” pour clôturer en beauté son film “La Guerre est Déclarée“. Du genre à vous donner des frissons partout.

Le troisième album de Peter Von Poehl est actuellement en préparation (sortie prévue cette année). Le fan est en ébullition !

Quel est son secret?
Au fil du temps, son univers devient plus familier, comme un vieil ami qu’on prend plaisir à retrouver. On l’aime autant pour sa musique que pour sa personnalité. Pour de vrai, il est tellement adorable qu’on en vient à se demander si on est pas en train de rêver. Quel est son secret ? S’il en a un, il est bien gardé…

A ce stade, il est difficile de lui trouver un défaut mais par principe, on va essayer. Par exemple, il n’est pas un spécialiste des blagues carambar ou des histoires drôles qui commencent par “Monsieur et Madame ont un fils”. Si vous pensez que c’est plutôt une qualité, vous n’êtes pas mûrs pour un concert de Vincent D. Et il ne chante qu’en anglais alors qu’une balade en suédois aurait tellement plus de charme et d’intérêt. Non, vous ne trouvez pas? Alors Peter est parfait, restons en là.

Peter, du är fantastisk och bedårande, vi älskar dig !


DISCOGRAPHIE.

Premier album : Going to Where the Tea Trees Are (29/05/2006).

Deuxième album : May Day (18/11/2010).

CD Single en attendant le troisième album : Twelve Twenty One (2011)

La page qui lui est consacrée sur le site du label “Tôt ou Tard”, ici.

Et le site officiel ici.

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A Little More Death Around The Eyes

You’re haunting
The train station hall
In your battered duffle coat
Adrift
Draging along a baby doll
Slightly hazy
Lazy
Rock’n'roll

The smell of ale you exhale
Hurts my guts
Wasted again I guess
Naturally…
I hold my breath
Along with my tongue
I stand before you amazed
Lucky me

Yes, you’re the best
No, you’re the worst

A jewel out of the junk
A necessity
A catastrophy
A total genius
A complete arse
A true marvel
A gigantic waste
A British punk

You’re such a beautiful mess
Half wasteland, half grace.

13/02/2012.

Happy Birthday, Punk.

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Agenda culturel Premier trimestre 2012

En janvier, je sifflais là haut sur la colline en répétant en boucle toutes ces choses que je promets de faire absolument en 2012 (croix de bois croix de fer si je mens… je…ne bois plus de bière).

En février j’écoutais le vent dans les saules en regardant toutes les vidéos des straight no chaser postées sur Youtube, il y en a environ 15 milliards donc je n’ai pas dormi pendant 15 jours.

En mars, je me réveille et je me dis qu’il serait juste et bon de poster l’agenda culturel du premier trimestre 2012.

Je balance d’emblée un Mana “aura céleste” pour renvoyer dans les limbes le mauvais esprit qui sommeille en chacun de vous (inutile de nier!) et qui ne manquerait pas de me faire remarquer que le 1er trimestre 2012 est bientôt terminé. Pour me protéger je lance donc un “godetzir djzagkiz bzyerd par les flammes de l’enfer” (essayez de contrer ça, pour voir).


AGENDA CULTUREL

La rétrospective Tim Burton à la cinématèque française arrive, elle arrive, elle arrriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiive !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiih !!!!!!!!!!!!!!!!

Viens mon doux agneau, le monde merveilleux de Tim Burton est là, sur le pas de ta porte, toc toc toc, et si tu ouvres petit coeur, prends garde au loup qui te mangeraaa ha ha ha (voix monstrueusement poilue et caverneuse).

Conférences, expo temporaire, carte blanche à Tim Burton et tous ses films à l’affiche de la cinémathèque : du 07 mars au 05 août 2012.

Tout sur Burton et plus encore jusqu’à l’écoeurement, Yoshi attendait ça depuis l’origine du monstre: pour tout savoir, c’est ici.

Non mais, sérieusement, allez-y.

Quoi d’autre en mars 2012 ?

Aller voir / revoir The Artist. Et pas seulement pour l’effet de mode, parce que c’est vraiment un authentique bon film qui (re)donne le sourire et l’envie d’aimer le cinéma.

Courir (sans chien sur les talons) jusqu’à  la Rotonde de la Villette (19ème), brasserie festive et créative de l’Est parisien. Au menu : à boire, à manger, à voir : expo de statues bouddhistes thaï en cire réalisées par des maîtres artisans le samedi 10 mars et expo de l’association “planète enfant : mères du Népal”, du 5 au 11 mars. Entrée libre! La rotonde propose aussi des séances de massage/relaxation (15€), organise des brunchs tous les dimanches et des soirées dansantes avec des DJ (notamment électro) tous les mois. Là aussi, entrée libre! Privatisation possible de certaines salles pour des professionnels et des particuliers. C’est un lieu extra, refait à neuf et magnifiquement décoré avec humour et ingéniosité, doté d’une programmation sympa et éclectique : à découvrir d’urgence!

De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace : assister à une Lecture Musicale au Point Ephémère 200 quai de Valmy. La lecture c’est Marie Modiano, pour la sortie de son livre “Espérance mathématique” ; la musique, c’est Peter Von Poehl-le-magnifique, à la guitare. Ca se passera les 19 et 20 mars du côté de Jaurès dans le 10ème arrondissement (je vous l’ai dit : de l’audace!!). Réservation possible sur le site de la fnac, ici.

Un jour, Yoshi vous parlera plus longuement de Peter Von Poehl le magnifique.

C’est tout pour ce premier agenda de l’année, et c’est déjà pas mal !

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